Œnotourisme16 octobre 20268 min

Saint-Véran, Viré-Clessé, Pouilly-Loché : voisins de Pouilly-Fuissé

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Simon Stoll

Fondateur d'Oenosuite

Verre de chardonnay blanc posé sur un muret de pierre devant les vignes du Mâconnais et la Roche de Solutré, voisins de Pouilly-Fuissé

Les voisins de Pouilly-Fuissé, Saint-Véran, Viré-Clessé, Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles, produisent tous des blancs de chardonnay dans le sud de la Bourgogne, avec des profils et des histoires très différents. Saint-Véran date de janvier 1971, Viré-Clessé de 1999, Pouilly-Vinzelles de 1940, et les deux Pouilly les plus discrets viennent d'obtenir leurs premiers crus, à partir du millésime 2024. Si vous cherchez des vins du Mâconnais à connaître au-delà de la célèbre appellation, voici comment les distinguer, ce qui les rend intéressants et comment les goûter avec méthode.

Pouilly-Fuissé n'est pas seul : la carte des voisins

Le Mâconnais se lit mal sur une carte de Côte-d'Or : ici, pas de longue côte continue, mais des collines calcaires et argileuses autour de roches spectaculaires. La Roche de Solutré culmine à 493 mètres et fait partie du Grand Site de France Solutré Pouilly Vergisson. Son accès est libre, et le sentier de 4 km depuis le parking, qui gagne environ 100 mètres de dénivelé, ne présente pas de difficulté majeure d'après l'office de tourisme de Mâcon. C'est le meilleur point de départ pour comprendre la géographie de ces appellations, car les vignes s'étalent à vos pieds.

Les quatre appellations dont on parle ici se partagent un même cépage, le chardonnay, mais pas le même sol, ni la même altitude, ni la même réputation. Pouilly-Fuissé, plus grande et plus célèbre, sert de point de repère. Autour d'elle se répartissent des vins souvent moins chers à l'achat, parfois moins connus, et qui méritent d'être goûtés côte à côte pour sentir les nuances : plus tendus ici, plus ronds là, plus mûrs ailleurs. Les prix varient selon les domaines et les millésimes ; renseignez-vous directement auprès des vignerons plutôt que de vous fier à un chiffre isolé.

Saint-Véran : la ceinture autour de Pouilly-Fuissé

Saint-Véran a été reconnue le 6 janvier 1971. L'appellation est coupée en deux zones, avec Pouilly-Fuissé qui s'intercale entre elles : au nord, Davayé, Prissé et Solutré-Pouilly, sur les pentes de la Roche ; au sud, Chânes, Chasselas, Leynes, Saint-Vérand et, en théorie, Saint-Amour-Bellevue. Selon le profil publié par Burgundy Report, on y compte environ 720 à 730 hectares plantés pour 844 hectares classés, et environ 250 producteurs déclarant une récolte, avec des altitudes de 200 à 450 mètres. Les chiffres varient selon les sources et les années : retenez l'ordre de grandeur, plus de 700 hectares plantés, plutôt qu'un chiffre précis.

Les sols sont argilo-calcaires, avec par endroits des fossiles de coquillages visibles dans la roche, des marnes grises au nord et des marnes calcaires au sud. Cette variété de terroirs explique des écarts de style sensibles d'un village à l'autre : le profil de Burgundy Report relève jusqu'à 10 jours d'écart de date de vendange entre le nord et le sud en 2017, et décrit Davayé comme un peu plus chaud que ses voisines. Burgundy Report relevait aussi qu'aucun premier cru n'existait encore à Saint-Véran, un projet lancé en 2010 envisageant plusieurs dizaines de climats. Tant que ce statut n'existe pas, c'est le nom du domaine et du lieu-dit qui fait la différence : lisez les étiquettes.

Viré-Clessé : le blanc du nord, et l'affaire Bongran

Viré-Clessé a été créée en 1999 en remplacement des anciennes mentions Mâcon-Viré et Mâcon-Clessé. Elle couvre quatre communes, Viré, Clessé, Montbellet et Laizé, et n'admet que le chardonnay pour des vins blancs, sur environ 430 hectares plantés d'après Wine With Seth. Les vins y ont souvent la réputation d'être plus pleins et plus mûrs que ceux de Pouilly-Fuissé, avec une influence argilo-marneuse sur les sols.

L'histoire de cette appellation tient en un nom : Jean Thévenet, du domaine de la Bongran, à Quintaine, hameau de Clessé. Le cahier des charges de 1999 exigeait des vins secs, avec moins de 4 g/L de sucres résiduels, ce qui excluait les vendanges très tardives, parfois touchées par la pourriture noble, qu'il élabore depuis les années 1970-80. Un litige s'en est suivi, au cours duquel certaines cuvées ont été vendues en Vin de France, jusqu'à une modification de l'INAO en 2002 qui admet les vins naturellement tardifs au-dessus de 4 g/L. Cet épisode rappelle qu'une appellation est un texte vivant, qui se négocie, et qu'un vigneron peut en faire évoluer les règles.

Pouilly-Loché et Pouilly-Vinzelles : les petits qui montent

Pouilly-Vinzelles existe depuis 1940, sur les communes de Vinzelles et de Loché, et Pouilly-Loché, tout à côté, est plus petite encore, avec environ 32 hectares. Ces deux appellations, souvent oubliées au profit de Pouilly-Fuissé, ont obtenu la reconnaissance de leurs premiers crus, à partir du millésime 2024. À Pouilly-Loché, un seul climat est concerné, Les Mûres (7,09 hectares). À Pouilly-Vinzelles, trois climats : Les Quarts (12,45 hectares), Les Longeays (7,50 hectares) et Les Pétaux (2,76 hectares), d'après les chiffres publiés par iDealwine. Ces surfaces minuscules en font des vins rares, à chercher chez les vignerons ou chez quelques cavistes. Les règles de production des premiers crus incluent une vendange manuelle, l'interdiction des herbicides et un rendement maximal fixé à 58 hl/ha d'après Le Baroudeur du Vin, avec une mise en marché à partir du 15 juillet de l'année suivant la récolte. C'est l'occasion de goûter des crus tout juste nés, en sachant que le recul sur leur évolution en bouteille reste à construire.

Les comparer à Dijon, base d'un week-end vin

Pour apprendre à reconnaître ces blancs, rien ne vaut une comparaison à l'aveugle : un Saint-Véran, un Viré-Clessé, un Pouilly-Vinzelles et, pourquoi pas, un Meursault pour mesurer l'écart avec la Côte de Beaune. À l'Oenosuite (oenosuite.fr), en hyper-centre de Dijon et à deux pas du Palais des Ducs, des chaussettes de dégustation à l'aveugle sont mises à disposition dans l'appartement : apportez vos bouteilles du Mâconnais, et organisez votre propre dégustation à l'aveugle. La Suite Charme & Vin (43 m², 2 à 4 personnes, pierres apparentes) et le Loft d'Artiste (25 m², 2 personnes, conçu par l'architecte dijonnaise Alexandrine Vaure) sont tous deux dotés d'une cave connectée Jalunia en libre-service, d'un escape game viticole et d'une mignonnette de crème de cassis de Dijon offerte à l'arrivée. L'appartement est le seul labellisé Vignobles & Découvertes en Bourgogne-Franche-Comté, noté 4,94/5 sur Airbnb pour plus de 100 avis, avec la Route des Grands Crus à 20 minutes.

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Sources & références

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