Œnotourisme5 juin 20269 min

Vendanges en Bourgogne : comment participer à la récolte 2026

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Simon Stoll

Fondateur d'Oenosuite

Grappes de Pinot Noir et sécateur posés sur une caisse de vendange en Bourgogne, Côte de Beaune

Les vendanges en Bourgogne désignent la récolte du raisin entre fin août et fin septembre sur les 31 679 hectares déclarés en production en 2024, répartis entre 84 appellations dont 33 Grands Crus et 562 climats classés en Premier Cru. Chaque année, la région mobilise plus de 40 000 saisonniers pour cueillir les grappes de Pinot Noir et de Chardonnay. Pour les amateurs d'œnotourisme, participer aux vendanges constitue l'expérience la plus immersive qui soit : vivre quelques jours dans un domaine, couper les grappes au sécateur, partager les repas avec l'équipe et toucher du doigt la naissance d'un grand vin. Bonne nouvelle : aucun diplôme ni expérience préalable n'est exigé, mais quelques règles encadrent l'aventure, voici tout ce qu'il faut savoir avant de tendre votre panier.

Quand ont lieu les vendanges en Bourgogne ?

Les vendanges en Bourgogne s'étalent traditionnellement de fin août à fin septembre, selon la maturité du raisin et le millésime. Avec le réchauffement climatique, les dates ont avancé d'environ deux à trois semaines en cinquante ans. En 2025, les premières coupes ont débuté dès le 18 août pour les raisins destinés au Crémant de Bourgogne, suivis vers le 23-25 août par le Chardonnay de la Côte de Beaune, puis le Pinot Noir vers le 27-28 août. L'ordre suit une logique précise : on commence par les effervescents (Crémant), récoltés un peu avant maturité pour préserver l'acidité, puis les Chardonnay des grandes cuvées blanches, et enfin les Pinot Noir. Pour 2026, les dates officielles seront annoncées en août par le Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne (BIVB) après concertation avec les vignerons. Comptez en moyenne une fenêtre de récolte de 8 à 15 jours par domaine.

Comment s'inscrire comme vendangeur ?

Plusieurs canaux permettent de trouver un emploi de vendangeur en Bourgogne. Les agences locales de France Travail centralisent les offres dès juillet. L'ANEFA Bourgogne-Franche-Comté (Association Nationale pour l'Emploi et la Formation en Agriculture) publie la liste des domaines recruteurs sur son portail régional. Des plateformes spécialisées comme vendangeur.com, vitijob.com ou vitabourgogne.com mettent en relation vignerons et saisonniers, gratuitement. Enfin, la méthode la plus efficace reste le contact direct avec les domaines : un mail courtois envoyé en juin ou juillet, présentant brièvement votre motivation, suffit souvent à décrocher une place, surtout si vous connaissez déjà la région.

Depuis 2024, l'opération « Vendanges étudiantes » facilite la mise en relation entre étudiants motivés et domaines bourguignons. Le dispositif est particulièrement adapté aux profils sans expérience : il permet de financer sa rentrée tout en découvrant le métier de l'intérieur. Les inscriptions s'ouvrent généralement au printemps via les CROUS et les sites d'emploi étudiant.

Le contrat vendanges : ce que dit la loi

Le contrat vendanges est un CDD saisonnier d'un genre particulier, encadré par les articles L. 718-4 et suivants du Code rural. Sa durée est limitée à un mois maximum, renouvelable sans délai de carence dans la limite globale de deux mois. Particularité unique en droit français : il peut être signé par des fonctionnaires, des salariés en congés payés ou des étudiants boursiers, sans incidence sur leur statut principal. Côté rémunération, le salaire minimum est le SMIC horaire (12,02 € brut au 1er janvier 2026), souvent majoré par les conventions collectives agricoles. À cela s'ajoute l'indemnité compensatrice de congés payés (10 % du brut total) versée en fin de contrat. Concrètement, pour une dizaine de jours de travail, un vendangeur perçoit en moyenne 750 à 900 € brut en Bourgogne.

Si le domaine ne fournit pas les repas, il doit verser une prime panier d'environ 7,30 € par jour. À l'inverse, un contrat « nourri-logé » implique généralement une déduction d'environ 20 € par jour sur le salaire en contrepartie du gîte et du couvert. Les conditions d'hébergement sont encadrées : 6 m² minimum par personne, sept personnes maximum par dortoir, un lavabo pour six et un sanitaire pour huit. Une aide au logement saisonnier agricole peut être sollicitée auprès de la MSA, pour un montant pouvant atteindre 600 €, qui couvre une partie des frais d'hébergement temporaire.

Une journée type au vignoble

Les journées débutent tôt, généralement entre 6 h et 7 h du matin, pour profiter de la fraîcheur et préserver la qualité du raisin. Après un casse-croûte rapide, l'équipe part au vignoble. Les coupeurs sécateur en main détachent les grappes ; les porteurs vident les paniers dans la hotte ou les caisses, qu'ils transportent jusqu'à la remorque. La pause de mi-matinée, souvent autour de 9 h 30, est sacrée : pain, fromage, charcuterie, et parfois un verre d'aligoté. La récolte s'arrête généralement vers 15 h, ce qui libère l'après-midi. Mieux vaut être en bonne forme physique : on reste plié, sous le soleil ou la pluie, et le rythme est soutenu sur les Premiers et Grands Crus, où chaque grappe est triée à la main dès la vigne.

En Bourgogne, environ 95 % des Grands Crus sont vendangés à la main. La fragilité du Pinot Noir, la nécessité de trier directement à la souche et la culture du terroir expliquent ce choix. La machine à vendanger n'est légalement interdite que dans certaines régions (Champagne, vignobles en macération carbonique), mais en Bourgogne, les vignerons des Grands Crus militent depuis longtemps pour la bannir des 33 climats d'exception, afin de préserver l'image d'excellence. Pour le candidat vendangeur, cela signifie que sur les 562 climats Premier Cru et les 33 Grands Crus, la main reste reine, et c'est précisément là que se cherchent chaque année les 40 000 saisonniers nécessaires pour rentrer la récolte avant les pluies.

Paulée et Saint-Vincent : les traditions du vignoble

À la fin des vendanges, les domaines bourguignons perpétuent la paulée, un banquet offert par le vigneron à son équipe pour clore la récolte. Le nom viendrait de la « dernière pelletée » de raisin versée dans le pressoir. La plus célèbre, la Paulée de Meursault, a été instituée en 1923 par Jules Lafon, alors maire de Meursault, qui invita 35 amis à un banquet au château du village. Elle constitue, avec la Vente des Hospices de Beaune et le Chapitre des Chevaliers du Tastevin, l'une des Trois Glorieuses du calendrier bourguignon, organisées chaque année le troisième week-end de novembre. Chaque convive y apporte ses propres bouteilles à partager, créant des dégustations improbables où d'anciens millésimes côtoient des vins du monde entier.

L'autre temps fort du vigneron bourguignon est la Saint-Vincent Tournante, qui célèbre le saint patron des vignerons. Relancée en 1938 par la Confrérie des Chevaliers du Tastevin, elle se tient le dernier week-end de janvier et change de village chaque année, transformant pendant deux jours une commune viticole en théâtre populaire de la tradition bourguignonne. Aucun lien direct avec les vendanges, mais cette fête fait partie intégrante de la culture du métier et illustre la cohésion d'une communauté qui se retrouve autour de son terroir.

Conseils pratiques pour vivre les vendanges 2026

Quelques recommandations concrètes avant de vous lancer : postulez tôt (juin-juillet idéalement, les places partent vite), prévoyez des vêtements résistants aux ronces et aux taches violacées indélébiles, des chaussures fermées et imperméables, des gants (les vignerons en fournissent rarement), un chapeau et de la crème solaire. Apportez un sécateur personnel bien aiguisé si vous le pouvez : votre dos vous remerciera. Échauffez les épaules et le dos avant les premières journées, et hydratez-vous régulièrement, c'est l'erreur la plus fréquente des débutants.

Si vous préférez vivre les vendanges sans travailler à plein temps, en spectateur immersif, plusieurs domaines bourguignons proposent désormais des séjours œnotouristiques pendant la récolte, avec demi-journées de coupe accompagnée, dégustation des moûts en cuverie, repas avec l'équipe et nuitée sur place. Pour poser vos valises au cœur de Dijon entre deux journées dans les vignes, Oenosuite propose deux suites viticoles premium en hyper-centre, point de chute idéal pour rayonner sur la Côte de Nuits et la Côte de Beaune, profiter d'une cave connectée Jalunia le soir et retrouver un vrai confort urbain après la récolte. La Bourgogne en septembre, c'est un spectacle qui ne se raconte pas : il se vit.

Sources & références

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